Le livre que toute femme devrait lire

Ouh la la, je ne m’étais pas rendue compte que ma coupure estivale avait duré si longtemps ! Il faut croire que j’avais besoin de m’éloigner du net pour mieux revenir. Et ce qui me fait revenir aujourd’hui, c’est l’envie de « rebondir » sur un article du Blog Alors Voilà de Baptiste Beaulieu. Le témoignage d’une femme meurtrie par son gynécologue, qui m’a rappelé ma fabuleuse lecture de cet été : Le chœur des femmes de Martin Winckler.

Le Chœur des femmes

Le choeur des femmes roman de Martin WincklerJean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes – avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale.

Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma – surnommé «Barbe-Bleue» – séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable.

Dès les premières pages du roman, je me suis sentie agressée par ce médecin qui dénigrait les femmes, les réduisant à de simples pisseuses geignardes et pleureuses. Je me rappelle même m’être dit : « Si c’est comme ça tout le long, je ne risque pas de lire les quelques 500 pages qui suivent. Il va retourner direct à la bibliothèque municipale ! »

Et puis finalement, j’ai continué ma lecture du Chœur des femmes. J’ai vécu avec délectation la confrontation entre ces 2 médecins ayant une vision de la relation soignant/soigné complètement opposée. J’ai été bouleversée par tous les témoignages de  femmes qui ponctuent le roman.

Mon avis sur Le Chœur des Femmes

A travers ce roman Martin Winckler traite de la relation entre les femmes et leur gynécologue, telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être. Il nous ouvre les yeux sur ce que nous vivons encore malheureusement trop souvent : la froideur des actes, les manque d’information, d’écoute… Il évoque également de nombreux sujets sensibles comme le viol, l’avortement, l’inceste ou l’inter-sexuation.

La structure narrative varie d’un chapitre à l’autre donnant une belle dynamique à l’ensemble. Et finalement, les presque 600 pages de ce roman défilent toutes seules.

Pour faire court : j’ai adoré Le chœur des Femmes. Ce roman m’a bouleversée, émue, fait réfléchir sur notre place de patiente en gynécologie. Pour moi, toute femme devrait lire ce livre pour en finir avec des pratiques archaïques.

Oui, je sais, je sais que je rêve toute éveillée. Je sais que je ne sais pas qui est ce « Nous » qui « exige ». Je sais que c’est prendre ses désirs pour des réalités, je sais que c’est un vœu pieux et je sais que c’est pas demain la vieille. Je sais que les femmes plient encore sous le genou et la queue des hommes et qu’avant et qu’avant qu’elles ne plient plus sous le poids odieux des médecins il y aura encore longtemps des médecins hommes et femmes, car ce n’est pas une question de sexe, c’est une question de pouvoir, qui continueront à leur fourrer leurs doigts, leurs instruments, leurs appareils dans le sexe sans se demander ce que ça leur fait, sans se poser la question de savoir ce qu’il y a derrière, ce que ça veut dire pour elles, sans jamais mesurer – et je pèse le poids de mes mots – combien cela fait ressembler les médecins à des bourreaux.

Je sais que mes mots ne valent que ce qu’ils valent – mais justement ce sont les miens. Alors ces mots, je vous les balance avec ma rage au bout des doigts. Et cette rage me fait du bien.

Quand la réalité dépasse la fiction

Alors certes, on peut penser que Martin Winckler dépeint dans Le Chœur des femmes des cas extrêmes qui n’arrivent jamais dans la vraie vie. Et pourtant !

En lisant le témoignage de cette femme sur le blog de Baptiste Beaulieu, je n’ai pas pu m’empêcher d’être remuée au plus profond de mon être. Comment de telles pratiques sont-elles encore possible à notre époque ?!

Soutenue par de nombreux lecteurs et Baptiste Beaulieu, cette dame a décidé de porter plainte. Et pour cela je lui dis BRAVO !

Je vous laisse lire ces 2 billets et vous invite également à partager massivement les conseils de Baptiste Beaulieu sur quoi faire si je suis victime de violences médicales.

Et vous, qu’avez vous pensé du chœur des femmes ? Comment vivez vous vos visites chez le gynécologue ?

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2 commentaires

2 commentaires dans Le livre que toute femme devrait lire

  1. Stéphanie
    4 octobre 2016 at 7 h 30 min (12 mois ago)
    J’ai adoré ce livre, lu il y a quelques années. J’avais appris que le stérilet n’est pas forcément à changer tous les 5 ans 😉
    J’ai « trainé » il y a peu une amie chez ma super gynéco. Comme dans l’article de Baptiste Beaulieu, elle avait fait la mauvaise rencontre d’un très mauvais gynéco et n’en avait pas revu depuis. ça fait plus de 10 ans. La mienne, humaine et douce, a su lui redonner confiance et elle a repris rdv en sortant…petite victoire !
    Mais oui, les médecins idiots et méchants, ça existe encore, malheureusement. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aussi de plus en plus de Baptiste Beaulieu ! 🙂
    Et puis il y a nous, qui pouvons dénoncer et ne plus accepter ce genre d’attitude !
  2. StepHh
    4 octobre 2016 at 17 h 08 min (12 mois ago)

    @stephanie je t’envie d’avoir une gynéco comme celle ci ! Ici dans ma campagne, c’est galère pour trouver un spécialiste. Donc je suis obligée d’aller directement à l’hôpital et je n’ai jamais le même interlocuteur ! A chaque fois je dois réexpliquer mes antécédents. C’est pénible. Certains ne sont franchement pas top. Par contre je me rappelle avoir été auscultée par un jeune interne une fois. Il était hyper doux et expliquait tous ses actes, il s’excusait même de devoir me toucher ! Je me rappelle m’être dit que si c’était toujours comme ça, je voulais bien me faire reluquer mon intimité plus souvent LOL

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