{Lecture} Bouleversant « Juste avant le bonheur »

En achetant ce livre, je pensais bien ressentir un grand nombre d’émotions, mais je ne m’attendais certes pas à celles là. Dans la continuité de Complètement cramé, je recherchais un roman plein de bons sentiments, d’humanité, d’espoir et de joies. Il y a longtemps que je ne me suis pas intéressée aux dernières tendances littéraires , d’ailleurs je m’en préoccupe rarement… (pour preuve, le livre date de 2013, pour vous dire comme j’ai un métro de retard). Je me fie plutôt à mon instinct. En arpentant ma minuscule librairie de campagne, c’est le mot bonheur écrit en rouge qui a alors attiré mon attention.

Juste avant le bonheur

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Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n’a pas l’habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend…

Voilà une der de couverture qui donnait envie de connaître la suite, laissant présager une rencontre atypique, une situation peu commune. Et effectivement, le début ne manquait pas d’originalité et surtout de cette petite pointe d’humour que j’apprécie tant.

Le restaurant est chic. Julie se sent presque mal à l’aise dans son jean aux ourlets filants, son T-shirt échancré et ses baskets délavées.

– Vous êtes sûr qu’ils vont m’accepter ? s’enquiert-elle.

– Pourquoi pas ?

– Je ne colle pas avec le décor.

– On ne vous demande pas de vous accrocher au mur.

– Enfin, je vais faire mauvais genre, non ?

– Si, bien sûr ! Mais on s’en fiche. Avec une carte bancaire, on est en droit de faire mauvais genre. C’est même assez jouissif.

– Mais je n’ai pas de carte bancaire.

– Alors… comment vous dire, Julie… Quoique si vous me tendez des perches aussi grandes que des séquoias, ce sera plus facile pour moi de vous prouver que je ne suis pas un malotru. L’homme bien élevé invite généralement la femme au restaurant. Sauf s’il tombe sur une féministe pure et dure qui confond galanterie et goujaterie.

– Je suppose que les féministes ont une carte bancaire…

Peut être que si j’avais lu les critiques sur le net de Juste avant le bonheur, j’aurai su la tournure que les événements allaient prendre. Et sans doute, d’ailleurs, n’aurais-je pas acheté le livre. Alors quand l’histoire a basculé dans l’épouvantable, dans l’inacceptable, je suis tombée de haut. Mon cœur de maman a été broyé, les larmes ont coulé à flot. J’ai même du marquer des pauses salvatrices toutes les 10 lignes pour pouvoir supporter la lecture qui m’emportait.

Une boule de désespoir coincée dans la gorge, j’ai tout de même réussi à engloutir la 2ème moitié du roman, pour renaître à la vie en même temps que tous les personnages.

– Vous savez, dans un jeu de Lego, on peut faire toutes sortes de constructions, même si on a perdu quelques pièces, c’est l’imagination qui fait son travail, dit-il finalement.

– A quoi bon imaginer une construction quand on a perdu la pièce principale, celle qui faisait tout le charme de la maison ?

– En bricolant, et en cherchant d’autres pièces ailleurs dans la vie. C’est trop tôt Julie. Accordez-vous le droit de vivre votre chagrin. Il y a un temps pour tout. Sur un champ de bataille, ou après une catastrophe naturelle, il y a d’abord la stupeur des habitants, qui constatent les dégâts, se lamentent, pleurent, sont révoltés. Et, seulement après, ils peuvent se retrousser les manches et s’atteler à la reconstruction. Seulement après. Ce que vous venez de vivre est probablement la pire des choses qui puisse arriver, alors soyez indulgente avec vos états d’âme. Aucun champ de bataille ne reste stérile. Il faut parfois des années, mais toujours, toujours, la nature reprend le dessus et les fleurs repoussent de sous les cendres. Votre nature profonde reprendra le dessus, un jour ou l’autre.

En refermant Juste avant le bonheur sur le mot FIN, j’ai finalement été heureuse de l’avoir lu, comme quoi, l’instinct a du bon. Même s’il est loin du ton léger que j’escomptais, c’est réellement un hymne à l’espoir. Une histoire bouleversante de gens meurtris qui s’épaulent et se reconstruisent.

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3 commentaires

3 commentaires dans {Lecture} Bouleversant « Juste avant le bonheur »

  1. Edea
    28 juillet 2015 at 15 h 34 min (2 années ago)
    j’en ai lu de bonnes critiques mais je crois comprendre qu’il n’est pas fait pour moi…je me trompe ?
  2. StepHh
    28 juillet 2015 at 15 h 50 min (2 années ago)

    Tout dépend dans quel état d’esprit tu te trouves en ce moment. Mais c’est un magnifique roman sur la résilience.

  3. Stéphanie
    30 juillet 2015 at 7 h 30 min (2 années ago)
    C’est un livre fort, très fort, et qui ne laisse pas indemne. J’avais pourtant trouvé la première partie très plan-plan, j’allais presque m’arrêter dans la lecture et puis il y a ce terrible drame et la seconde partie qui suit….
    Un livre qui devrait te plaire : « Il faut laisser les cactus dans le placard » , qui est paru en poche il me semble. En plus il y a une suite 😉

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